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	<title>La FFII France </title>
	<link>http://www.ffii.fr/</link>
	<description>La FFII France en 9 questions &amp; r&#233;ponses
La FFII France est une association cr&#233;&#233;e le 31 janvier 2006
https://twitter.com/FFII_fr
Pour nous contacter par email : contact AT ffii.fr
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		<title>La FFII France </title>
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		<title>Discours de Michel Rocard &#224; la r&#233;union de la commission parlementaire JURI avec le Commissaire McCreevy</title>
		<link>http://old.ffii.fr/Discours-de-Michel-Rocard-a-la</link>
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		<dc:date>2005-02-02T22:18:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>G&#233;rald S&#233;drati-Dinet (gibus)</dc:creator>



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&lt;p&gt;Monsieur le Commissaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon intervention ne portera que sur la brevetabilit&#233; des logiciels. Mais je veux commencer en vous souhaitant la bienvenue devant cette commission et en vous disant tout notre sympathie, car vous vous trouvez &#224; votre corps d&#233;fendant en charge d'une assez vilaine affaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il me faut y revenir depuis le d&#233;but. &lt;br class='autobr' /&gt;
La brevetabilit&#233; des logiciels pose probl&#232;me. Nos amis am&#233;ricains n'ont pas de l&#233;gislation sur le sujet. Leurs agences responsables semblent avoir accord&#233; entre 100 et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Monsieur le Commissaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon intervention ne portera que sur la brevetabilit&#233; des logiciels. Mais je veux commencer en vous souhaitant la bienvenue devant cette commission et en vous disant tout notre sympathie, car vous vous trouvez &#224; votre corps d&#233;fendant en charge d'une assez vilaine affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faut y revenir depuis le d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brevetabilit&#233; des logiciels pose probl&#232;me. Nos amis am&#233;ricains n'ont pas de l&#233;gislation sur le sujet. Leurs agences responsables semblent avoir accord&#233; entre 100 et 200 000 brevets de l'esp&#232;ce, valid&#233;s par des tribunaux de base dans certains cas. Quelques plaintes sont en attente devant la Cour Supr&#234;me, pour viol de la Constitution ce qui est p&#233;nalement tr&#232;s co&#251;teux. Viol de la Constitution puisqu'il y a viol de la libert&#233; de circulation des id&#233;es, un logiciel n'&#233;tant apr&#232;s tout qu'une formule ou un ensemble de formules math&#233;matiques, et qu'une formule math&#233;matique est une id&#233;e exprim&#233;e sous forme math&#233;matique ; il semble bien que la Cour Supr&#234;me attende la production du droit europ&#233;en pour se d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc en quelque sorte charg&#233;s de faire le droit du monde. Il faut rappeler que l'enjeu est principalement de pr&#233;server la libert&#233; de cr&#233;ation et d'usage de logiciels par les chercheurs individuels et les PME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une louable intention, la Commission europ&#233;enne qui vous a pr&#233;c&#233;d&#233; a, devant cette situation, produit un projet de directive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours de pr&#233;sentation &#233;tait bon : ne pas tout permettre, ne pas l&#233;gitimer certaines outrances am&#233;ricaines. Mais le dispositif du texte ne comportait nulle part cette ligne rouge juridique qui devait s&#233;parer ce qui est brevetable de ce qui ne l'est pas. De ce fait le texte de la Commission &#233;tait permissif sans limite claire, ce que d'innombrables experts consult&#233;s par vos services et les gouvernements nationaux vous ont d&#233;j&#224; dit et &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre Parlement s'en est &#233;mu. Il a beaucoup lu, travaill&#233; et &#233;cout&#233;. Il s'est r&#233;solu &#224; proposer que cette ligne rouge soit le fait que la production et la mise en &#339;uvre du logiciel en cause requi&#232;rent ou ne requi&#232;rent pas une consommation d'&#233;nergie ou de mati&#232;re appelant compensation financi&#232;re directe, en dehors du travail intellectuel du cr&#233;ateur. Nous avons amend&#233; le projet de la Commission dans ce sens, avec les cons&#233;quences collat&#233;rales qui en d&#233;coulent, ce faisant nous avons ralli&#233; la confortable majorit&#233; de 361 voix contre 157 et 28 abstentions, le 24 septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour produire son projet de directive r&#233;vis&#233; en vue de la seconde lecture, suppos&#233; tenir compte des choix du Parlement, la Commission a attendu que celui ci soit en vacances pour cause d'&#233;lection. C'est une premi&#232;re in&#233;l&#233;gance. C'est ainsi que le 18 mai 2004, sans avoir ouvert de nouvelles consultations, ni lanc&#233; d'expertises sur la validit&#233; de la position du Parlement, ni proc&#233;d&#233; &#224; des auditions publiques, la Commission soumet &#224; l'improviste au Conseil une deuxi&#232;me version de sa directive, qui ignore totalement le travail du Parlement, en prend pratiquement le contrepied et durcit m&#234;me sur quelques points sa version de la premi&#232;re lecture. Le Conseil l'adopte dans le principe apr&#232;s un d&#233;bat tr&#232;s court o&#249; la position du Parlement ne fut pas &#233;voqu&#233;e. Deuxi&#232;me in&#233;l&#233;gance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait finaliser l'affaire en termes juridiques et recueillir formellement les consensus. La Pr&#233;sidence Irlandaise, dont nous ne pouvons pas &#234;tre insensibles au fait que son Web site soit sponsoris&#233; par Microsoft, a tent&#233; de s'y employer en classant le dossier dans les points A, pr&#234;ts pour &#234;tre adopt&#233;s sans d&#233;bat. Cela a &#233;t&#233; soumis &#224; 3 Conseils, dont deux Conseils P&#234;ches, par les Pr&#233;sidences Irlandaise et N&#233;erlandaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le silence des gouvernements n&#233;erlandais et allemands, qui tous deux cependant ont vu leurs parlements nationaux s'&#233;lever avec force contre l'orientation de leurs gouvernements sur ces sujets, les trois tentatives de passer en force en point A sur ces sujets ont &#233;chou&#233;, gr&#226;ce au courage du gouvernement polonais, puis des gouvernements polonais et danois avant hier. Proc&#233;der trois fois de suite &#224; ces man&#339;uvres d'intimidation est une troisi&#232;me in&#233;l&#233;gance. Devant cette situation, qui ne vous est pas imputable, comprenez monsieur le Commissaire, que le Parlement europ&#233;en, et son rapporteur votre serviteur, sentent la moutarde leur monter au nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes questions d&#233;coulent de tout cela, en rafale.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La Commission va-t-elle se convaincre que son texte actuel ne passera plus, et sugg&#233;rer au Conseil des Ministres de remettre en chantier la r&#233;daction de cette deuxi&#232;me version ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Commission peut- elle nous expliquer en quoi les suggestions du Parlement sont non pertinentes &#224; ses yeux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Commission continue-t-elle &#224; d&#233;nier que le texte qu'elle a soumis au Conseil ouvre la possibilit&#233; de breveter tout logiciel ? Que fait elle alors des r&#233;sultats de l'audition organis&#233;e par le Gouvernement Polonais en novembre 2004, o&#249; tous les industriels pr&#233;sents concluaient au contraire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comment la Commission concilie-t-elle la position de ceux des d&#233;fenseurs de son second texte qui disent qu'il se borne &#224; codifier la pratique de l'Office Europ&#233;en des brevets, avec celle de ceux qui affirment qu'il ne permet pas la brevetabilit&#233; des logiciels ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Commission entend elle valider les milliers de brevets OEB qui concernent l'organisation des m&#233;moires d'ordinateur, ou les m&#233;thodes commerciales et potentiellement des m&#233;thodes p&#233;dagogique ou chirurgicales ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Commission peut elle admettre que la d&#233;finition de ce qui est &#171; technique &#187; par &#171; l'emploi de moyens techniques &#187; est parfaitement tautologique et ne peut suffire &#224; distinguer ce qui est brevetable de ce qui ne l'est pas ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Si aux yeux de la Commission la r&#233;f&#233;rence &#224; la mise en oeuvre des forces de la nature (&#233;nergie, mati&#232;re) n'est pas pertinente pour constituer la base de cette distinction, peut-elle nous en proposer une autre, puisque l'objet principal de notre travail de l&#233;gislateurs est justement d'en proposer une ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Enfin la Commission ne consid&#232;re-t-elle pas qu'il serait temps qu'elle retire son projet, et se pr&#233;pare &#224; en faire compl&#232;tement un nouveau ?&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Michel Rocard&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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